DISCOURS D'INAUGURATION DE LA BORNE DE CAHORS


CAHORS-MUNDI, le 24 mai 2019 - M. JEAN-MARC VAYSSOUZE, Maire de Cahors - à sa droite, Mme ANGÈLE PRÉVILLE, Sénatrice du Lot

 

 

Discours de M. Jean-Marc Vayssouze,
Maire de Cahors-Mundi, le 24 mai 2019


À L'OCCASION DE L'INAUGURATION DE LA BORNE N°1 DE LA ROUTE SANS FRONTIÈRES NUMÉRO 1

 

———————

Il y a 69 ans, Cahors devenait ville mondiale.

Alors dans l’après-guerre, marquée par les traumatismes à répétition et les conflits entre les peuples, notre cité devenait la première ville à signer sa charte de Mondialisation.

Les 24 et 25 juin 1950, notre cité fête le début de ce qui deviendra une véritable épopée.

Des milliers de personnes se rassemblent dans la ville, au pied du pont Valentré ou sur le parvis de l’hôtel de ville. Des délégations du monde entier et le prix Nobel de la Paix Lord Boyd Orr participent aux festivités.

Un souffle d’espoir s’empare des hommes et des femmes.

Les témoignages photographiques d’époque démontrent la ferveur collective et la liesse populaire.

Ce mouvement emportera en quelques mois la conviction de 239 communes de notre département qui votent à leur tour la charte.

Le département s’affirme comme « territoire mondial du Lot » avant que ne se propagent dans les esprits, les pays et les continents la singularité, l’exception, le caractère précurseur du mouvement des Citoyens du monde.

Plusieurs figures incarneront cette histoire unique que vous êtes encore nombreux à faire vivre, à Cahors et dans le monde.

Si le mouvement ne s’arrête pas à quelques figures, quelques-unes l’incarnent. Parmi-elles :

- Garry DAVIS (ancien pilote de bombardier américain) qui refusa toute nationalité en remettant son passeport américain.

- Robert SARRAZAC (figure lotoise de la résistance)

- Le docteur Louis SAUVÉ. Récemment décédé, ce médecin cadurcien, humaniste, ayant consacré sa vie à l’autre, a été un fervent acteur de Cahors-Mundi. L’occasion, si vous le permettez, de partager avec vous tous, nos pensées à l’égard de cet homme exceptionnel et à l’avant-garde. Nous aurons l’occasion de lui rendre hommage dans les mois à venir.

Sensibilisés, les intellectuels et les peuples désireux de paix participent à leur tour à cet extraordinaire épopée.

Albert Camus, Jean-Paul Sartre, André Breton prennent part et amplifient le mouvement en faveur de la solidarité entre les peuples et les nations.

La première route mondiale de la Paix est ouverte les 24 et 25 juin 1950 entre Cahors et Saint-Cirq-Lapopie.

C’est cette symbolique avec laquelle nous renouons aujourd’hui.

En réinstallant la borne kilométrique près du pont Valentré, Cahors Mundi, aidé de la municipalité, s’attachent à faire revivre cette mémoire et à l’ancrer dans les esprits.

L’occasion pour moi de remercier celles et ceux à l’origine de cette heureuse initiative, Cahors Mundi bien entendu, qui conserve, chevillé, cet attachement à ce qui contribua à ouvrir notre cité au monde.

Merci également aux enseignants et aux élèves du CAP carrosserie du lycée Gaston-Monnerville pour le soin qu’ils ont pris à réaliser ce rappel de l’histoire.

Alors que notre Ville aura la chance mais aussi la responsabilité de fêter le 70ème anniversaire de la Route mondiale et la mondialisation cadurcienne en 2020, cette journée, entre Cahors et Saint-Cirq-Lapopie, anticipe cet heureux évènement en le rappelant dès à présent à la mémoire collective.

Souvenons-nous le contexte d’après-guerre dans lequel ce mouvement a trouvé racine.

Souvenons-nous du monde bipolaire qui était en train alors de naître.

Mesurons la fragilité que représente une humanité en paix.

Dans un monde en profonde mutation, les peuples inquiets sont tentés par le repli. C’est ce risque réel, dont les exemples sont nombreux en France et partout dans le monde qui doit alerter les consciences.

Si l’envie d’une citoyenneté mondiale semble avoir perdu du terrain parmi nos semblables, l’enjeu d’une humanité en paix, habitée de l’idée simple qu’elle est une et indivisible, devrait pourtant être capable de l’emporter.

Reste que la trajectoire du monde semble inexorable. Faite de cycles qui se répètent, l’humanité semble de nouveau donner la prime aux frontières et à la Nation.

L’enjeu du présent consiste à rappeler la valeur originelle de la mondialisation.

Loin d’uniformiser les cultures, de banaliser les différences, de mettre en compétition les peuples, la mondialisation d’alors était d’abord l’expression d’un monde dans lequel devaient triompher les idéaux de paix. Elle devait faire prendre conscience que les Hommes avaient comme lieu de vie et d’existence la planète toute entière.

Dévoyée, devenue l’instrument d’une économie débridée, d’une compétition déloyale et exacerbée, la mondialisation est désormais synonyme d’excès.

Il revient aux générations présentes et futures de faire la preuve que peuvent cohabiter le désir d’humanité, libéré des frontières, et l’ancrage du local, celui qui forme les repères.

Gageons que les défis du présent, celui du climat et de l’environnement, par nature transnational, sauront redonner vie à la citoyenneté mondiale.

Aux craintes liées au phénomène de repli, celles qui s’expriment et qui gagnent le monde, les nouvelles générations opposent la vision d’un monde où l’avenir des nations est plus que jamais interdépendant.

Je forme le vœu que ce soit cela qui l’emporte finalement à l’esprit du monde.

 

Jean-Marc VAYSSOUZE-FAURE,
Maire de Cahors-Mundi

 

Retour