LES UTOPISTES SE METTENT À TABLE -Keystone-France pour Paris-Match

À Paris, le 14 août 1948, l'abbé Pierre anime le conseil du Mouvement universel pour une confédération
mondiale en présence de représentants de onze pays, dont les États-Unis, l'Inde et l'Allemagne.
De gauche à droite : Robert Sarrazac, Monica Wingate, Henry Usborne, l'abbé Pierre,
le docteur Nord, Alexandre Marc, Henry Koch, Fronces Josephy, Fred Carney et le docteur Schoeder.

 

DÉCLARATIONS MONDIALISTES

 

STEPHEN HAWKING

« Nous devons devenir des citoyens du monde » (paroles diffusées lors d'un concert de U2)

L'APPEL DES 13

L'Appel des 13 - signé le 3 mars1966 par Lord Boyd Orr, Josué de Castro, Danilo Dolci, Shinzo Hamaï, Pr. J-L.Hromadka, Pr. Alfred Kastler, Mme Rajan Nehru, Pr. Linus Pauling, Abbé Pierre, Jean Rostand, Lord Bertrand Russell, Pr. Ivan Supek, Pr. Hans Thirring.

ANDRÉ BRETON

« Saint-Cirq La Popie » (3 septembre 1951)
« Allocution à la première réunion du Front Humain » (avril 1948)
« Les Surréalistes à Garry Davis » (février 1949)
« Pour un "dégagement" des intellectuels », discours inédit (30 avril 1949)
« Discours à la Mutualité » (octobre 1949)
« Allocution à Cahors » (juin 1950)
« Démasquez les physiciens, videz les laboratoires », Tract du Comité de Lutte Anti-Nucléaire (Paris, 18 février 1958)
André Breton revient sur le Front Humain - interview filmé (Paris, le 2 février 1961)

ALBERT CAMUS

« Nous sommes avec Davis », Franc-Tireur, novembre 1948
Exposition Albert Camus par Citoyens du Monde
Éditorial de Combat, le 8 août 1945
« Démocratie et dictature internationales », Combat (le 26 nov. 1946)
« À quoi ça sert l'ONU ? », Allocution prononcée à la Salle Pleyel (le 3 déc. 1948)
« Réponses à l'incrédule », lettre à François Mauriac, Combat, le 25 déc. 1948

ABBÉ PIERRE

« Donnez la parole à l’humanité ! », discours au Vél’d’Hiv’ à Paris (le 9 décembre 1948)
« L'Abbé Pierre » (mars 1949) - L’engagement mondialiste de l’Abbé Pierre
« Croyants et incroyants », discours au Congrès des étudiants fédéralistes mondiaux, Amsterdam (le 1er août 1949)
« Une victoire obtenue par la guerre reste un échec d’humanité », réflexions sur la guerre du Golfe (le 22 janvier 1991)

JEAN ROSTAND

Conférence de presse des Citoyens du Monde (le 2 mars 1967)
« Comment ne pas être Citoyen du Monde ? », discours Salle de la Mutualité à Paris (le 15 novembre 1968)

ALBERT EINSTEIN

Lettre ouverte à l'Assemblée générale des Nations Unies, New York (octobre 1947)
« Il n'y a pas d'autorité supra-nationale suffisante et en qui on puisse avoir confiance »

BERTRAND RUSSELL

Citation

WINSTON CHURCHILL

Citation

LINUS PAULING

Citation

EDGAR MORIN

« Pour une politique de l'Humanité »

HAÏLÉ SÉLASSIÉ

« Appel à l’O.N.U. » (le 6 octobre 1963)

STEPHEN HAWKING

 

Un des plus grands de l'humanité est mort aujourd'hui. Stephen Hawking était un prophète de la connaissance. En 2015, dans sa tournée mondiale, le groupe pop U2 diffusait la parole de Stephen Hawking, traduite par ordinateur.

rapporté par Richard Maxheim

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« Quand nous voyons la Terre depuis l'espace, nous nous voyons comme un tout. Nous voyons l'unité mais pas les divisions. Une planète, une race humaine. Nous sommes ici ensemble et nous devons vivre avec tolérance et respect. Nos seules limites sont la façon dont nous nous voyons nous-mêmes. Les seules limites sont la façon dont nous nous voyons. Nous devons devenir des citoyens du monde. Nos voix sont importantes. Nous donnons leur pouvoir à nos élus, mais nous pouvons leur en enlever.
Nous sommes tous des voyageurs du temps qui voyagent ensemble dans le futur. Mais faisons de cet avenir un endroit que nous voulons visiter.
Soyez courageux !
Soyez déterminé !
Surmontez les difficultés !
C'est faisable. »

U2 lors de leur concert à Paris (juin 2015)


L'APPEL DES 13

 

3 mars 1966

13 CITOYENS DU MONDE de réputation mondiale déclarent :

 


« En l'absence d'une loi supranationale, les États sont obligés de compter sur la force pour défendre leurs intérêts. Conséquence : la guerre, voulue ou accidentelle, devenant depuis la désintégration de l'atome et le développement des armes bactériologiques, l'absurde "solution finale", le génocide étendu à toute la race humaine.

En l'absence d'institutions mondiales capables d'assurer la satisfaction des besoins fondamentaux communs à tous, la personne humaine est bafouée. Tandis que d'immenses richesses sont gâchées, les deux tiers de l'humanité souffrent de la faim.

Les progrès de la science et de la technique rendent pourtant possible l'organisation d'une communauté mondiale où règneraient la paix et l'abondance, où les libertés fondamentales seraient garanties aux individus, aux peuples, aux nations.

Pourquoi n'en est-il pas ainsi ? Parce que les gouvernements, hypnotisés par leur devoir de faire primer les intérêts nationaux de leurs pays, loin d'accepter les transformations nécessaires, entravent même l'action des institutions internationales créées pour défendre la paix universelle et servir l'homme.

Le salut, alors, ne peut venir que du peuple du monde, des individus qui le forment, de chacun de nous.


Le premier acte, simple mais efficace, que nous invitons chacun de vous à accomplir,
comme nous l'avons fait nous-même,


C'EST DE VOUS ENREGISTRER COMME CITOYEN DU MONDE

 

Le second pas que nous ferons ensemble, si vous êtes assez nombreux à répondre à notre appel, sera d'organiser, sur une base transnationale, l'élection de délégués chargés de défendre la cause de l'homme, d'exprimer les revendications du peuple du monde et, finalement, d'élaborer la loi du monde pacifique et civilisé. »


Ont signé, le 3 mars 1966

Lord BOYD ORR (Grande Bretagne),
Premier directeur de la F.A.O. (1945-1948) Prix Nobel de la Paix 1949.

Josué de CASTRO (Brésil),
Ex-Président du Conseil de la F.A.O., Fondateur du Centre International de Développement.

Danilo DOLCI (Italie),
Pionnier du développement socio-économique de la Sicile.

Shinzo HAMAI (Japon),
ancien Maire d'Hiroshima.

Pr. J-L.HROMADKA (Tchécoslovaquie),
Professeur de théologie. Président de "Christian Peace Conference".

Pr. Alfred KASTLER (France),
Prix Nobel de physique 1966. Membre de l'Institut (Académie des Sciences).

Mme Rajan NEHRU (Inde).

Pr. Linus PAULING (U.S.A.),
Prix Nobel de chimie 1954. Prix Nobel de la Paix 1962.

Abbé PIERRE (France),
Fondateur des Communautés d'Emmaüs.

Jean ROSTAND (France),
biologiste et écrivain. Membre de l'Institut (Académie Française).

Lord Bertrand RUSSELL (Grande Bretagne),
Philosophe. Mathématicien. Prix Nobel de Littérature 1949.

Pr. Ivan SUPEK (Yougoslavie),
Professeur de philosophie et de Sciences. Membre de l'Académie des Sciences et des Lettres. Président du mouvement Pugwash yougoslave.

Pr. Hans THIRRING (Autriche),
Professeur de physique à l'université de Vienne. Membre de l'Académie des Sciences.

 

_________________________________________

L'Appel des 13 a été publié dans le journal Le Monde le 3 mars 1966, à titre de publicité.
Cet appel a ensuite été repris gratuitement par une centaine de journaux à travers le monde.

 

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ANDRÉ BRETON

 

André Breton citoyen du monde
(19 février 1896 / 28 septembre 1966
)


« C’est au terme de la promenade en voiture qui consacrait, en juin 1950, l’ouverture de la première route mondiale - seule route de l’espoir - que Saint-Cirq embrasée aux feux de Bengale m’est apparue - comme une rose impossible dans la nuit. Cela dut tenir du coup de foudre si je songe que le matin suivant je revenais, dans la tentation de me poser au cœur de cette fleur : merveille, elle avait cessée de flamber, mais restait intacte. Par-delà bien d’autres sites - d’Amérique, d’Europe - Saint-Cirq a disposé sur moi du seul enchantement : celui qui fixe à tout jamais. J’ai cessé de me désirer ailleurs. Je crois que le secret de sa poésie s’apparente à celui de certaines Illuminations de Rimbaud, qu’il est le produit du plus rare équilibre dans la plus parfaite dénivellation des plans. L’énumération de ses autres ressources est très loin d’épuiser ce secret... Chaque jour, au réveil, il me semble ouvrir la fenêtre sur les Très Riches Heures, non seulement de l’Art, mais de la Nature et de la Vie. »,

« Saint-Cirq La Popie », le 3 septembre 1951

1954 - André Breton, avec Max Ernst, devant la borne de la Route mondiale, la « seule route de l’espoir ».

 

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« Allocution à la première réunion du Front Humain »

André Breton, avril 1948

 

« L’antagonisme des gouvernants et des gouvernés est à son comble. Il y a plus de soixante ans que cet antagonisme a été dénoncé dans un ouvrage (...) - citant ces lignes déjà lumineuses du Contrat social : « La Souveraineté (du peuple) ne peut pas être représentée parce qu’elle ne peut pas être aliénée. Elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et cette volonté ne se représente pas » - ajoute que la loi politique des gouvernants, loi héritée d’Aristote et qui ne saurait outrepasser le délibératif, le judiciaire et l’exécutif, doit, sous peine de mortelle incohérence, présupposer une loi sociale des gouvernés, leur conférant et à eux seuls les pouvoirs enseignant, juridique et économique - et qu’une telle loi des gouvernés est seule capable de prédéterminer scientifiquement la loi des gouvernants. L’extension de cette idée au plan international, avec les quelques corrections qui s’imposent, suffirait à jeter les bases de cette Constituante mondiale dont le projet a été conçu par nos amis de Front humain et à poser la première pierre des États-Unis du monde. »

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« Les Surréalistes à Garry Davis »

André Breton, Paris, février 1949

 

 

« Cher Concitoyen,

Nous avons entendu votre appel. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que cet appel parvienne jusqu’à nos amis, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ces frontières que nous n’avons cessé de nier. Dans la mesure où nous nous sentons citoyens, il va sans dire que nous voulons être citoyens du monde, et nous demandons ici notre inscription sur le registre qui consacrera enfin un état de fait qui fut toujours pour nous un état d’esprit. Nous entendons ainsi défendre de la façon la plus formelle notre droit naturel à la vie, le nôtre et celui de ceux que nous aimons. Or, ce droit est mis en péril à chaque seconde par ces mêmes nationalismes que nous avons toujours vomis, et dont nous avons dénoncé l’abjection meurtrière en toute circonstance. Il va donc sans dire que, lorsque les événements l’exigeront, nous sommes prêts par-delà votre appel à faire bon marché, au profit de la citoyenneté mondiale, de notre citoyenneté nationale, où nous avons toujours vu une contrainte dont nous sommes encombrés bien malgré nous depuis le jour de notre naissance et que nous avons toujours appréciée publiquement à sa juste valeur. (...)

Car nous nous devons de vous le signaler : aux raisons évidentes pour tous qui motivent notre décision d’être dénombrés parmi les citoyens du monde s’ajoutent les raisons mêmes qui ont conditionné jusqu’ici notre activité collective, et dont relève la présente démarche. Elle s’inscrit tout naturellement dans notre effort continu pour dissiper les diversités funestes qui opposent l’homme à lui-même. En dépit de toutes les mauvaises volontés intéressées, elles ne sont pas pour nous un obstacle valable, ni qui doive être éternel. » (...)

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« Pour un "dégagement" des intellectuels »

André Breton, discours inédit, 30 avril 1949

(...) « Ce qui me paraît avant tout justifier l’intervention de l’écrivain à cette tribune, c’est que, quelles que soient ses tendances spécifiques, il assume une charge dont il ne peut se démettre sans disqualification totale : celle de gardien du vocabulaire. C’est à lui de veiller à ce que le sens des mots ne se corrompe pas, de dénoncer impitoyablement ceux qui de nos jours font profession de le fausser, de s’élever avec force contre le monstrueux abus de confiance que constitue la propagande d’une certaine presse.

Qui ne voit, plus clairement aujourd’hui que jamais, que c’est de cette altération profonde – qui est intentionnée par certains – du sens de certains mots clés, que nous mourons par anticipation, qui ne voit que c’est en subissant passivement cette altération que nous nous laissons tout doucement porter à la guerre d’extermination qu’on nous prépare ?

Ces mots clés, sur lesquels s’exerce une savante désintégration, sont de nos jours sur toutes les lèvres : ce sont des mots comme démocratie, comme socialisme, comme liberté, comme conscience humaine. Le dernier à avoir été cyniquement détourné de son acception courante jusqu’à l’exposer à perdre tout sens pour l’homme de la rue, c’est le mot paix. » (...)

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« Discours à la Mutualité »

André Breton, octobre 1949

 

(...) « Les temps que nous vivons ont, au moins, ceci de bon que les grandes infortunes et les grands maux qui se sont abattus sur nous ou nous menacent sont aussi ceux qui appellent les grands remèdes. Ces grands remèdes, il faut avouer que nous ne les tenons pas, tout au moins qu’il nous reste à les expérimenter. Le crime serait de douter d’eux par avance et le malheur définitif de continuer à leur préférer le petits remèdes plus ou moins inopérants, ceux qu’on a pris l’habitude d’administrer – quoique sans succès – à un organisme incomparablement moins malade qu’il ne l’est aujourd’hui.

À mon sens, le seul grand remède qui ait été proposé jusqu’à ce jour, le seul qui, en ampleur, soit proportionné à l’étendue et à l’aggravation ultra-rapide du mal actuel, tient dans le programme du mouvement Citoyen du monde, dont les bases ont été posées dès 1947 dans des publications portant le titre Front humain, et dont les thèses se sont élaborées sous les auspices du Centre de recherches et d’expression mondialistes, prenant aujourd’hui pour organe la page bimensuelle insérée dans Combat sous le titre : « Peuple du monde ». Je rappelle que ce mouvement s’est donné pour objectif d’unifier le monde à la faveur d’une irrésistible poussée populaire qui fasse éclater le cadre des frontières nationales. » (...)

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« Allocution à Cahors »

André Breton, juin 1950

 

« Être venu de Paris à Cahors, c'est bien autre chose que de s’être déplacé de quelques centaines de kilomètres dans l'espace, c'est être passé d'une sorte de temps maudit – maudit parce qu'il n'est plus aucunement sûr de comporter d'avenir – à un temps, sinon régénéré, du moins qui porte en lui le germe bien vivant de sa régénération. C'est ici, en effet, que ce germe, qui avait pris naissance il y a trois ans dans l'esprit de quelques hommes, a trouvé le sol approprié à sa croissance. (...) Au département du Lot revient l'honneur d'avoir donné l'exemple. Tous ceux qui sont capables de s'élever au-dessus du fatalisme et que n'aveuglent pas les passions partisanes, lorsqu'ils inspectent en eux-mêmes la carte du monde, ne peuvent manquer d'y voir apparaître le Lot comme un point sans doute infime, mais du moins intensément lumineux. (...) »

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« Démasquez les physiciens, videz les laboratoires »

Tract du Comité de Lutte Anti-Nucléaire, Paris, 18 février 1958
signè par André Breton

 

 

(...) « Voici l’espèce humaine vouée à la destruction complète, que ce soit par l’emploi cynique des bombes nucléaires, fussent-elles “propres” (!), ou par les ravages dus aux déchets qui, en attendant, polluent de manière imprévisible le conditionnement atmosphérique et biologique de l’espèce (...). La pensée révolutionnaire voit les conditions élémentaires de son activité réduite à une marge telle qu’elle doit se retremper à ses sources de révolte, et, en deçà d’un monde qui ne sait plus nourrir que son propre cancer, retrouver les chances inconnues de la fureur. » (...)

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André Breton revient
sur le Front Humain des Citoyens du Monde, sur l'épisode Garry Davis et sur
la mondialisation des communes ,dans son atelier à Paris, le 2 février 1961

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ALBERT CAMUS

 

Albert Camus citoyen du monde
(7 novembre 1913 / 4 janvier 1960)

 


 

« L'Organisation des Nations Unies s’est engagée dans une attitude dont la logique la mène à l’arrestation d’hommes qui se réclament de la paix mondiale. Assemblée de la paix, elle poursuit un homme qui lutte contre la guerre parce qu’il l’a connue ailleurs que dans le beau silence des bureaux. Pendant ce temps, les gouvernements représentés dans ce curieux organisme versent à leurs budgets de guerre des milliards qu’ils enlèvent à la production et aux salaires. C’est en ce sens que le geste de Davis me paraît de ceux qu’il faut soutenir. S’il est spectaculaire, comme le dit notre grande presse (dont tout le monde sait qu’elle s’est fait une spécialité de la décence), c’est que le bon sens est aujourd’hui spectaculaire. Et ce n’est pas à Davis qu’il faut le reprocher, mais à l’ONU elle-même dont Davis, par contraste, fait éclater les contradictions. » contradictions. »

« Nous sommes avec Davis »,
Albert Camus, Franc-Tireur, novembre 1948

 

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Éditorial de Combat

Albert Camus, le 8 août 1945
3 jours après la bombe atomique sur la ville d'Hiroshima

 

« Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes, que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. » (...)

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« Démocratie et dictature internationales »

Albert Camus
Article de la série "Ni victimes ni bourreaux" paru dans Combat, le 26 nov. 1946

 

(...) « Qu’est-ce que la démocratie nationale ou internationale ? C’est une forme de société où la loi est au-dessus des gouvernants, cette loi étant l’expression de la volonté de tous, représenté par un corps législatif. Est-ce là ce qu’on essaie de fonder aujourd’hui ? On nous prépare, en effet, une loi internationale. Mais cette loi est faite ou défaite par des gouvernements, c’est-à-dire par l’exécutif. Nous sommes donc en régime de dictature internationale. La seule façon d’en sortir est de mettre la loi internationale au-dessus des gouvernements, donc de faire cette loi, donc de disposer d’un parlement, donc de constituer ce parlement au moyen d’élections mondiales auxquelles participeront tous les peuples. Et puisque nous n’avons pas ce parlement, le seul moyen est de résister à cette dictature internationale sur un plan international et selon des moyens qui ne contrediront pas la fin poursuivie. »

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« À quoi ça sert l'ONU ? »

Albert Camus, Allocution prononcée à la Salle Pleyel, le 3 déc. 1948
parue dans Combat, le 9 déc.

 

« (...) je poserai, pour finir, une question à nos contradicteurs. C’est bien mon tour. Sont-ils sûrs, dans le fond de leur coeur, que la conviction politique ou la doctrine qui les anime est assez infaillible pour qu’ils rejettent sans y réfléchir les avertissements de ceux qui leur rappellent le malheur de millions de créatures, le cri de l’innocence, le bonheur le plus simple, et qui leur demandent de mettre ces pauvres vérités en balance avec leurs espérances même légitimes. Sont-ils sûrs d’avoir suffisamment raison pour risquer ne fût-ce qu’une chance sur mille de rapprocher encore le danger de la guerre atomique. Oui, sont-ils si sûrs d’eux-mêmes, et si prodigieusement infaillibles qu’il leur faille passer sur tout, c’est une question que nous leur posons, qui leur a déjà été posée et dont nous attendons toujours qu’ils y répondent. »

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« Réponses à l'incrédule »

Albert Camus à François Mauriac
Article paru dans Combat, le 25 déc. 1948

 

« Arrivés ici, trouvez-vous toujours utile de charger de vos dédains des hommes qui essaient de découvrir les deux ou trois chances qui permettraient de sauver en même temps la paix et la liberté, et qui cherchent encore à réfléchir ? Car il ne s’agit de rien d’autre. Vous pouvez moquer le grain de sel que Davis cherche à mettre sur la queue de la colombe. Il y a évidemment une façon de s’emparer de la colombe de la paix sans se donner le ridicule du grain de sel, c’est de la foudroyer à bout portant. Cette méthode rigoureusement efficace est sans aucun doute de celles dont Davis ne veut pas. Il s’est refusé à choisir la belle rigueur des machines à tuer et s’est contenté pour le moment de mettre en lumière le mensonge et l’absurdité de notre société internationale. Les rêves que vous ou d’autres lui prêtez vous ne les avez sûrement pas trouvés dans ce qu’il dit ou fait. Vous avez été mal informé, ce qui arrive à tout journaliste. » (...)

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ABBÉ PIERRE

 

L'Abbé Pierre citoyen du monde
(5 août 1912 / 22 janvier 2007)

« Donnez la parole
à l’humanité ! »


Discours
en faveur de Garry Davis

au Vél’d’Hiv’ à Paris
le 9 décembre 1948

(...) « Écoutez. Lorsqu’il s’agit de gérer nos affaires municipales, on nous demande notre avis et on nous dit : élisez un maire et des conseillers. Lorsqu’il s’agit de gérer nos affaires départementales, on nous donne la parole pour désigner un Conseil général. Lorsqu’il s’agit d’affaires nationales, on nous donne encore la parole pour défendre les intérêts de cette communauté nationale. Et de quel droit est-ce qu’aujourd’hui où l’unité du monde dans les nécessités économiques et techniques est une évidence, de quel droit est-ce que l’on tarde si longtemps à nous donner la parole pour que nous puissions nous-mêmes désigner les hommes qui étudieront et régleront les problèmes mondiaux ? » (...)

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« L'Abbé Pierre »

Abbé Pierre, mars 1949

« Si l’on veut rechercher les origines des convictions fédéralistes de l’Abbé Pierre, il faut peut-être remonter jusqu’à son milieu familial et à son enfance. Cinquième d’une famille de huit enfants, il fut, dès son jeune âge, habitué à envisager les problèmes à une échelle beaucoup plus large que l’échelle nationale. En effet, pendant vingt ans, son père parcourut l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud et les problèmes internationaux étaient sans cesse évoqués au foyer familial. D’autre part, l’un des traits caractéristiques de la façon dont l’Abbé Pierre envisage les problèmes fédéralistes, c’est-à-dire en fonction du lien étroit qui unit aux questions de politique internationale les questions d’économie et d’organisation sociale, trouve peut-être son explication dans les impressions très fortes reçues dans son enfance. » (...)

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L'engagement mondialiste de l’Abbé Pierre
(fragment de son auto-biographie)

1947 : Fondation du Mouvement universel pour une Confédération mondiale (MUCM). Lord Boyd Orr et l’Abbé Pierre sont respectivement élus président du Conseil et vice-président au Comité exécutif. 400 délégués et observateurs, de 14 nations, participaient à ce congrès.

1948 : Élu président du Comité exécutif du MUCM, l’Abbé Pierre est spécialement chargé de la Commission parlementaire. Rencontre à Princeton, aux États-Unis, avec Albert Einstein.

1950 : Dans le cadre du Mouvement mondialiste, l’Abbé Pierre présente à la Chambre des députés un projet de loi pour l’affectation du millième du budget de la Guerre à des élections pour une Assemblée constituante mondiale devant établir la limitation des souverainetés absolues des nations en fonction d’un bien commun mondial.

 

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« Croyants et incroyants, nous savons bien
que nous avons le devoir, pour accomplir la loi
de la vie, de faire tout ce qui dépend de nous. »

Abbé Pierre
Discours au Congrès des étudiants fédéralistes mondiaux
Amsterdam, le 1er août 1949

 

(...) « Alors, si nous réussissons à faire qu’une force immense se lève assez vite, rien ne pourra s’opposer à ce que la vie passe, à ce que la vie survive, à ce que la vie triomphe et à ce que, aux yeux de l’humanité, disparaisse la honte d’une destruction venue de ses propres mains et s’ouvre une ère dont il est impossible que nous disions ce qu’elle serait, si ce n’est que nous pouvons voir, sans bien sûr engendrer un paradis, qu’elle ouvrirait à l’humanité des perspectives absolument nouvelles. Une humanité unifiée, résolvant les problèmes économiques d’une façon intelligente avec les moyens que lui donne la science, permettant à l’homme de s’arracher à l’ignorance, à la misère et par conséquent à la révolte. » (...)

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« Une victoire obtenue par la guerre
reste un échec d’humanité. »

Abbé Pierre
Réflexions sur la guerre du Golfe, le 22 janvier 1991

 

« Il nous faut faire l’effort de nous souvenir de ce que nous recevons comme enseignement à l’école. L’Histoire que vous apprenez, n’a été que l’histoire des guerres avec leurs victoires, chaque nation pour son propre compte. Les manuels scolaires, c’était bien cela. Il y a là une intoxication de l’Histoire envers l’enfance. En réalité, une victoire obtenue par la guerre est toujours un échec, même pour celui qui a obtenu la victoire en délivrant l’agressé de l’agresseur. Ça reste un échec d’humanité. Il n’a pas été possible d’obtenir cette justice par la raison, le dialogue, par ceux qui possèdent l’autorité. Donc il faut tenir cette conviction que la victoire, même dans une guerre devenue juste parce qu’elle serait purement défensive, est un échec humiliant pour l’humanité. La seule valeur véritable est la PAIX. » (...)

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JEAN ROSTAND

 

Jean Rostand citoyen du monde
(1894 /1977)

 

« L’unification de la planète est dans le sens de l’avenir humain. Elle est aussi certaine pour demain qu’elle est jugée utopique à l’heure présente. S’il est une prophétie qui ne comporte aucun risque d’erreur, c’est bien celle-là, car c’est à l’échelle planétaire seulement que pourront être décemment et rationnellement résolus les grands problèmes sociaux, économiques, moraux, qui se posent à nous, soit qu’il s’agisse de la gestion des ressources terrestres, de la protection de la nature, de l’organisation de la santé ou de la lutte contre la surpopulation… Et, quand, enfin, il existera, ce "Monde uni", chacun s’étonnera qu’on ait mis un si long temps à réaliser un projet si nécessaire.

Jean Rostand, conférence de presse
des Citoyens du Monde, le 2 mars 1967

 

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« Comment ne pas être Citoyen du Monde ? »

Discours de Jean Rostand, le 15 novembre 1968, salle de la Mutualité, Paris

 

« Comment peut-on être Persan ? s'écriait-on au siècle de Montesquieu. Moi, je dirais volontiers aujourd'hui : "Comment peut-on ne pas être citoyen du monde ?"

(...) « Le spectacle que donne présentement le monde n'est pas fait pour rassurer les amis de la paix. Jamais il n'a paru plus désuni et plus éloigné de l'union. Partout flambent les nationalismes, les chauvinismes, les racismes, les fanatismes. Partout règnent en maître l'esprit de rivalité, la volonté de domination, la sauvagerie des soi-disant civilisés.

A-t-on jamais le sentiment que les grands responsables de la planète - ceux qui tiennent entre leurs mains les vies de millions d'hommes - aient vraiment à cœur de rechercher l'entente, avec l'opiniâtreté, la ferveur, la probité qui seraient de mise ? A-t-on jamais l'impression qu'ils soient décidés à faire à la grande, à l'inégalable cause de la Paix, les concessions qu'elle commande et le sacrifice, même partiel, de leurs préjugés, de leur point d'honneur, de leur prestige, de leur intolérance. Est-ce que jamais l'on voit s'esquisser, même à titre d'essai, un geste qui soit sans arrière-pensée, et clairement dicté par la volonté de conciliation, un geste spirituellement désarmé, qui ne soit pas de tactique ou de propagande, qui ne vise pas à conquérir quelque avantage matériel ou moral, un geste gratuit enfin, qui ne soit teinté d'aucun impérialisme, ou national ou idéologique ?

Comment ne comprennent-ils pas, ces chefs d'Etat, si avides de gloire future, si emplis d'orgueil, qu'on ne peut plus se grandir aujourd'hui par l'épouvante qu'on inspire et que les seuls gestes historiques, ceux qui compteront dans la mémoire des peuples, seront des gestes d'apaisement, créateurs de sécurité et d'espérance. Et dans ce monde si dénué de fraternité, non seulement les bombes s'accumulent dans les arsenaux et sans cesse augmente le nombre des pays possédant ou briguant le hideux standing atomique, mais encore la décision suprême, assassine, dépend d'une volonté unique. Elle peut être prise par un seul homme, un seul : qui peut être un agité, un persécuté, un mégalomane, un névrosé enfin, puisque jusqu'à nouvel ordre on n'exige pas de ceux qui nous conduisent un certificat de psychiatre.

En un temps où la guerre n'est plus la guerre, mais peut-être le suicide de l'Homme ; où refuser la pais des vivants c'est préparer la paix des tombeaux, ne comprendrons-nous pas, enfin, qu'il y a mieux à faire, sur notre petite boule, qu'à échanger des défis et équilibrer les terreurs ? Or, il n'est qu'un moyen de conjurer le péril, un seul moyen de prévenir le déchaînement des forces infernales : c'est la constitution d'un gouvernement mondial.

Etre citoyen du monde, c'est parier pour la survie de l'Homme, comme Pascal pariait pour l'immortalité de l'âme. Mais croire à l'immortalité ne nous aide pas à devenir immortel, tandis que croire au monde uni pourrait contribuer à en hâter la venue. »(...)

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Alain Dubois,
Jean Rostand, un biologiste contre le nucléaire

Textes choisis et commentés par Alain Dubois
préface de Jacques Testart,
Berg International Editeurs 2012

à commander aux Éd. Berg ici

 

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ALBERT EINSTEIN

 

Albert Einstein citoyen du monde
(14 mars 1879 / 18 avril 1955)



Albert Einstein en 1947

 

« Il ne pourra jamais y avoir accord total sur le contrôle international et l’administration de l’énergie atomique, ou sur le désarmement général tant qu’il n’y aura pas de modification du concept traditionnel de souveraineté nationale. Car, tant que l’énergie et les armements atomiques seront considérés comme une partie vitale de la sécurité nationale, aucune nation ne fera plus que d’accorder une attention formelle aux traités internationaux. La sécurité est indivisible. Elle ne peut être atteinte que lorsque les garanties nécessaires de la loi et d’application de la loi existent partout, si bien que la sécurité militaire n’est plus le problème d’un Etat seul. Il n’y a pas de compromis possible entre la préparation à la guerre d’une part et la préparation d’une société mondiale fondée sur la loi et l’ordre d’autre part. »

 

Albert Einstein, New York, octobre 1947,
Lettre ouverte à l'Assemblée générale des Nations Unies

 

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« Il n'y a pas d'autorité supra-nationale suffisante
et en qui on puisse avoir confiance. »

Albert Einstein

 

« Nous sommes pris dans une situation dans laquelle chaque citoyen de chaque pays, ses enfants et le travail de toute sa vie sont menacés par l’insécurité terrible qui règne dans notre monde aujourd’hui. Le progrès du développement technologique n’a pas accru la stabilité et le bien-être de l’humanité. A cause de notre incapacité à résoudre le problème de l’organisation internationale, ce progrès a en réalité contribué aux dangers qui menacent la paix et l’existence même de l’humanité.

Les délégués de cinquante-cinq gouvernements réunis dans la seconde assemblée générale des Nations unies, se rendraient compte sans aucun doute du fait que dans les deux dernières années — depuis la victoire sur les puissances de l’Axe — aucun progrès appréciable n’a été réalisé en direction de la prévention de la guerre ou des accords dans des champs spécifiques tels que le contrôle de l’énergie atomique et la coopération économique dans la reconstruction des zones dévastées par la guerre.

On ne peut pas reprocher ces échecs aux Nations unies. Aucune organisation internationale ne peut être plus puissante que les pouvoirs constitutionnels qui lui ont été donnés, ou que ses composantes ne veulent être. En fait les Nations unies sont une institution extrêmement importante et utile pourvu que les peuples et les gouvernements du monde réalisent que c’est simplement un système de transition vers le but final, qui est l’établissement d’une autorité supranationale investie de pouvoirs législatifs et exécutifs suffisants pour maintenir la paix.

L’impasse actuelle réside dans le fait qu’il n’y a pas d’autorité supra-nationale suffisante et en qui on puisse avoir confiance. » (...)

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Texte original en anglais

 

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BERTRAND RUSSELL

 

« La science a rendu la souveraineté nationale incompatible avec la survie de l'humanité. La seule alternative est maintenant un gouvernement mondial ou la mort ».

 

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WINSTON CHURCHILL

 

« À moins qu'un gouvernement mondial
se soit rapidement constitué et n'entre efficacement en action, tout l'avenir de l'humanité est sombre et incertain ».

 

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LINUS PAULING

 

« Le temps est venu pour toutes les nations du monde, de remplacer le patriotisme national par une loyauté envers l’ensemble de l’humanité, d’abandonner la guerre pour le Droit mondial, et d’employer les ressources du monde et les produits du labeur humain au bénéfice de tous les humains, où qu’ils soient ».

 

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EDGAR MORIN

 

Pour une politique de l'Humanité

« Moteur d'occidentalisation, le développement
est un mythe qu'il faut aujourd'hui abandonner
au profit d'une politique de l'homme et de la civilisation
».

 

« Ne faut-il pas nous défaire du terme de développement, même amendé ou amadoué en développement durable, soutenable ou humain ?

L'idée de développement a toujours comporté une base technique-économique, mesurable par les indicateurs de croissance et ceux du revenu. Elle suppose de façon implicite que le développement techno-économique est la locomotive qui entraîne naturellement à sa suite un «développement humain» dont le modèle accompli et réussi est celui des pays réputés développés, autrement dit occidentaux. Cette vision suppose que l'état actuel des sociétés occidentales constitue le but et la finalité de l'histoire humaine.

Le développement « durable » ne fait que tempérer le développement par considération du contexte écologique, mais sans mettre en cause ses principes ; dans le développement «humain», le mot humain est vide de toute substance, à moins qu'il ne renvoie au modèle humain occidental, qui certes comporte des traits essentiellement positifs, mais aussi, répétons-le, des traits essentiellement négatifs.

Aussi le développement, notion apparemment universaliste, constitue un mythe typique du sociocentrisme occidental, un moteur d'occidentalisation forcenée, un instrument de colonisation des «sous-développés» (le Sud) par le Nord. Comme dit justement Serge Latouche, «ces valeurs occidentales [du développement] sont précisément celles qu'il faut remettre en question pour trouver solution aux problèmes du monde contemporain» (le Monde diplomatique, mai 2001). » (...)

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HAÏLÉ SÉLASSIÉ

 

WAR - Appel à l’O.N.U.
6 octobre 1963


prononcé par l’Empereur d’Ethiopie Haïlé Sélassié Ier
à l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies, New York City, le 6 octobre 1963

 


Trône d'Haïlé Sélassié Ier, Saint-Laurent les Tours


« (...) Même encore maintenant, où tout est si fragile, beaucoup de nations répugnent à remettre leur destinée en d’autres mains. Pourtant, tel est l’ultimatum qui se présente à nous : renforcer la sécurité des conditions par lesquelles les hommes remettront leur sécurité entre les mains d’une entité plus large, ou risquer l’anéantissement ; convaincre les hommes que leur seul salut réside en la subordination de leurs intérêts nationaux et locaux aux intérêts de l’humanité, ou bien mettre en péril le futur de l’homme. Tels sont les objectifs, hier inaccessibles, aujourd’hui essentiels, auxquels il nous faut travailler. (...)

Nous devons devenir ce que nous n’avons jamais été et ce à quoi notre éducation, notre expérience et notre environnement nous a très mal préparé. Nous devons être plus grands que ce que nous avons été : plus courageux, avec une plus grande ouverture d’esprit et une vision plus large. Nous devons devenir les membres d’une nouvelle race, dépasser nos préjugés insignifiants, faire notre ultime allégeance non pas aux nations, mais à nos semblables au sein de la communauté humaine. »

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