24 ET 25 JUIN 1950 - BANDEROLES ET DRAPEAUX DANS LES RUES - CAHORS CÉLÈBRE SA MONDIALISATION

 

« Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité,
nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille la peine d’être mené,
ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements,
l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. »


Albert Camus

 

 

LA MONDIALISATION DU LOT EN 1949/50

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CAHORS-MUNDI

Nos communes sans frontières

En 1950, le Lot se proclamait “Territoire Mondial”
et de nombreuses communes lotoises adhéraient au mouvement des Citoyens du Monde


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Quand Cahors et le département du Lot se sont déclarés "Territoire mondial"


LE 30 JUILLET 1949, alors que l'humanité était encore secouée par les horreurs de la dernière guerre et par le spectre d'Hiroshima, Cahors fut la première ville à signer la Charte de la Mondialisation grâce à l'adhésion de ses habitants, de ses élus communaux et au soutien de personnalités nationales et internationales.

Les mois suivants, 239 communes sur les 330 que compte le département lotois s'enflammaient à leur tour pour le projet d'une planète sans frontières régie par une loi mondiale...

Les 24 et 25 juin 1950, Cahors célébra sa Mondialisation, en présence du tout nouveau prix nobel de la Paix. Le lendemain même démarrait la guerre de Corée.

 

 

L'ÉTEINCELLE GARRY DAVIS

 

TOUT À COMMENCÉ EN MAI 1948, quand Garry Davis, pilote de bombardier durant la seconde guerre mondiale, décide de renoncer à toute nationalité en remettant symboliquement son passeport au consulat américain à Paris pour protester contre la guerre qui a causé les catastrophes d’Hiroshima et Nagasaki.



GARRY DAVIS, 1ER CITOYEN MONDIAL,
DEVANT LES PARISIENS DEPUIS LA TRIBUNE DE VEL' D'HIV'

 

 

Le projet mondialiste se révèle le 19 novembre 1948, lors d’une intervention impromptue de l'Assemblée générale de l’ONU qui se tenait alors au Palais de Chaillot à Paris. À cette occasion, Garry Davis, rapidement interrompu, et Robert Sarrazac à sa suite, déclament le texte suivant (qui aurait été écrit par Albert Camus) :

 

« Au nom des peuples du monde qui ne sont pas représentés ici, je vous interromps.

Mes paroles seront sans doute insignifiantes pour vous.
Et pourtant notre besoin d’un ordre mondial ne peut être plus longtemps négligé.

Nous, le peuple, nous voulons la Paix que seul un gouvernement mondial peut donner.
Les États souverains que vous représentez ici, nous divisent
et nous mènent à l’abîme de la guerre.

J’en appele à vous pour que vous cessiez de nous entretenir dans l’illusion
de votre autorité politique. J’en appelle à vous pour que vous convoquiez,
immédiatement, une Assemblée Constituante Mondiale qui lèvera le drapeau
autour duquel, nous les hommes pouvons nous rassembler :
Le drapeau de la souveraineté d’un seul gouvernement pour un seul monde.

Si vous manquez à cette tâche, écartez-vous,
une Assemblée des Peuples surgira des masses mondiales pour bâtir ce gouvernement,
car rien de moindre ne peut nous servir. »

 


L'INTERVENTION A L'ONU DE GARRY DAVIS ET ROBERT SARRAZAC LE 19 NOVEMBRE 1948

 

En décembre 1948, lors d'un meeting à Paris au Vélodrome d'hiver, Garry Davis, entourré de ses partisans, fera un discours où il proclamera sous les applaudissements son appel pour la Paix.

Soutenus notamment par Robert Sarrazac, Albert Camus, André Breton, l’Abbé Pierre... les mondialistes élaborent une Charte de la Mondialisation qui sera proposée au Conseil municipal de Cahors et à son maire, le Docteur Calvet.

 


GARRY DAVIS JANVIER 1949

 

"Je me souviens du Citoyen du Monde Garry Davis.
Il tapait à la machine sur la place du Trocadéro."

Georges Perec, Je me souviens

 


Paris, le 4 octobre 1949, Garry davis, premier Citoyen du Monde,
comparait devant le tribunal correctionnel - pour infraction à la législation sur les étrangers

 

CAHORS-MUNDI

 

 

LE 30 JUILLET 1949, Cahors devient la 1ère ville mondialisée du monde, en adoptant la Charte de la Mondialisation par la volonté de son Conseil municipal. Les cadurciens répondirent entre le 21 juillet le 12 août à une consultation populaire qui toucha 70 % du corps électoral et vit 59 % de votes favorables (11 % d’abstentions).

La ville déclara alors s’appeler “Cahors Mundi".

Cette déclaration donna naissance à un mouvement sans précédent dans le département du Lot, suivi par des centaines de communes du pays et du monde entier. L'année suivante, 239 communes lotoises sur les 330 que compte le département avaient suivi l’exemple de Cahors en adoptant cette charte. Aujourd’hui, près de 1 000 communes ou villes sont mondialisées, réparties dans plusieurs pays et continents.

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La Charte de la mondialisation

 

“Nous, habitants de Cahors,
déclarons par la présente Charte notre ville mondialisée.

Notre geste signifie que :

1 - Nous affirmons que notre sécurité et notre bien-être sont liés à la sécurité et au bien-être de toutes les villes et de toutes les communes du Monde, aujourd’hui menacées de destruction par la guerre totale.

2 - Nous voulons travailler en paix avec toutes les villes et communes du Monde, coopérer avec elles afin de fonder la Loi mondiale qui assurera notre protection commune, sous l’autorité d’un pouvoir fédéral mondial démocratiquement établi et contrôlé.

3 - Nous appelons villes et communes, entreprises et professions, à envoyer avec nous leurs délégués aux premiers Etats généraux du Peuple mondial, afin de préparer les élections mondiales pour l’organisation de la paix.

4 - Nous revendiquons le droit d’élire directement, à partir de 1950, nos représentants à l’assemblée constituante des Peuples à raison de un délégué par million d’habitants.

5 - Nous demandons à notre Gouvernement de faire des prélèvements nécessaires sur le budget de la guerre pour alimenter le Fonds international qui permettra le financement de ces élections mondiales.

6 - Sans rien renier de notre attachement, de nos devoirs et de nos droits à l’égard de notre Région et de notre Nation, nous nous déclarons symboliquement territoire mondial, lié à la communauté mondiale.

7 - Nous appelons chaque Ville et chaque commune du Monde à se rallier à cette Charte de solidarité des villes et communes menacées.

 

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES À LA VILLE DE CAHORS :

a - Nous déclarons vouloir ajouter au nom de notre ville
le mot MUNDI (du monde) : CAHORS-MUNDI

b - Nous désirons envoyer par priorité ce message
aux deux municipalités de NEW-YORK et MOSCOU.

 

 

16 février 1950

Le maire de Cahors, le docteur Calvet, et le maire de Revel, M. Sudre, posent une borne de la mondialisation sur la place du parvis de Notre-Dame de Paris.

 

 
LES MAIRES DE CAHORS ET DE REVEL DEVANT NOTRE-DAME DE PARIS LE 16 FÉVRIER 1950

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À PARIS, LE 17 FEVRIER 1950, CONFERENCE DE PRESSE A LA MAISON DES JOURNALISTES
(DE GAUCHE A DROITE : BEYNAC, SAUVET, CALVET, LATREMOLIERE, SUDRE, DEHAN, SARRAZAC)

 

La Route sans frontières


LES 24 ET 25 JUIN 1950, des cérémonies consacrant la mondialisation du Lot sont organisées et le premier tronçon d’une route mondiale devant faire le tour de la terre est inauguré par Lord Boyd Orr (prix Nobel de la Paix 1949), entre le Pont Valentré et Saint-Cirq-Lapopie. Ils posaient ainsi symboliquement la première pierre de la République Universelle prophétisée par Victor Hugo en 1869 au congrès de la paix de Lausanne.

 

Ces journées resteront - quoi qu'il advienne - gravées dans l'Histoire du Lot, de la France... et même du Monde. Des drapeaux aux couleurs mondiales flottèrent sur certains édifices publics à côté du drapeau tricolore, la foule en liesse se massait au pied de la Mairie pour écouter religieusement le prix Nobel de la Paix 1949, Lord BOYD ORR, fondateur à l'ONU de la FAO, venu de sa lointaine Écosse. Le pont VaIentré fut l'objet d'un des premiers spectacles " Sons et Lumières ". J'avais même composé le programme musical : le premier mouvement de la 1° Symphonie de Beethoven éclata dans un feu d'artifice ... Ensuite tout le monde, accompagné des délégations étrangères, emprunta la " Route Mondiale N' 1 ". Sur les hauteurs, les paysans avaient allumé d'immenses feux de la Saint-Jean. Arrivé à Saint-Cirq-Lapopie devant le village médiéval embrasé, André Breton, lui-même participant, fut frappé par l'ambiance surréelle (...)

Entretien avec le Docteur Louis Sauvé
(brochure pour le 50° anniversaire de Cahors-Mundi, juin 2000)

 

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LA PREMIÈRE BORNE DE LA ROUTE SANS FRONTIÈRES
AU PONT VALENTRÉ DE CAHORS, LE 25 JUIN 1950

 

 

 

JUIN 2000 - LES 50 ANS DE CAHORS-MUNDI


C'EST EN MÉMOIRE DE CES VISIONNAIRES qui ont imaginé un monde sans frontières, une humanité unie dans la paix que s’est déroulé le 24 juin 2000, autour de Bernard Charles, maire de Cahors, le 50ème anniversaire de Cahors Mundi, Territoire mondial.

Sans ambition mondiale, cette commémoration a rassemblé les pères fondateurs du mouvement mondialiste, Robert Sarrazac, Louis Sauvé, ainsi que quelques citoyens du monde, dont Albert Jacquard. Au cours d’un colloque, ils ont pu ensemble réaffimer la nécessité d’un ordre supra-national qui pourra permettre l’organisation d’une communauté mondiale où règnerait la paix et l’abondance, et où les libertés fondamentales seraient garanties aux individus.

Le cortège s’est ensuite rendu à la Mairie pour y signer le livre d’Or de la ville, puis au Pont Valentré pour réinaugurer la nouvelle borne kilométrique mondiale. C’est en autocar que les personnalités ont rejoint Saint-Cirq Lapopie en parcourant le chemin emprunté il y a 50 ans, pour finir la soirée au bal champêtre organisé au lac de Pradines.

 

La brochure du 50° anniversaire

 

PLAQUETTE RÉALISÉE EN 2000 pour le 50° anniversaire de Cahors-Mundi

Une plaquette préfacée par le Premier Ministre, Lionel Jospin, a été éditée par la municipalité de Cahors pour commémorer cet anniversaire. Ce précieux document retrace toute l’épopée qui aboutit à faire du Lot un “Territoire mondial”. Abondamment illustré avec des photos et documents d’époque, il redonne la parole aux acteurs qui firent ces événements et remet en perspective ce qu’est aujourd’hui le mouvement des “Citoyens du Monde”.

Ainsi, le Comité pour le Congrès des Peuples créé en 1963, organise régulièrement des élections transnationales, sur la base de 2 délégués pour 10.000 électeurs. Les élections de 1998 ont permis aux électeurs de Rocamadour et Saint Cirq-Lapopie d’élire deux délégués au “Congrès des Peuples”.

 

 

Préface de Lionel Jospin, premier ministre


"Ce que des hommes imaginent, d'autres peuvent à leur tour l'entreprendre. Les 24 et 25 juin 1950, emmenés par quelques visionnaires, les habitants de Cahors et du Lot ont su imaginer un monde sans frontières, une humanité unie et plus forte, une société internationale solidaire, fondée sur le droit et l'égale dignité de tous. Ils ont ainsi dessiné ce qu'est, avant tout, la “mondialisation” : la prise de conscience d'une communauté de destin pour l'humanité. Depuis, les Citoyens du monde continuent de faire vivre cet idéal dont, très jeune, je me suis imprégné au sein de ma famille.

Aujourd'hui, les traits les plus manifestes de la mondialisation - l'intégration économique croissante, la globalisation des flux financiers - ne sauraient nous faire oublier l'essentiel : la mondialisation doit servir l'humanité, non se servir d'elle.

Car si la mondialisation ouvre des perspectives inédites, elle creuse aussi les inégalités et nous expose à des risques nouveaux. Nous devons donc la penser, construire les institutions nécessaires à sa régulation, afin de la maîtriser collectivement. Parce que des problèmes globaux appellent des solutions globales.

Dans cette entreprise, nous pouvons nous appuyer sur la vitalité de la conscience internationale. Celle-ci, en cinquante ans, s'est affermie. Et d'abord grâce à des initiatives comme celle qui a réuni dans le Lot, il y a un demi-siècle, des femmes et des hommes sur la “première route de la mondialisation”.

Continuons cette route.
Elle mène à la paix.

C'est d'ailleurs celle que nous avons empruntée en Europe. Sur ce continent longtemps broyé par les guerres, des peuples ont su se rassembler par-delà les frontières pour élever une maison commune, fondée sur la paix et l'unité politique, sur la prospérité économique et le progrès social. Nous devons consolider cette maison, l'ouvrir à nos voisins.

Et, forts de cette expérience réussie, sachons contribuer à donner vie, pour le monde entier, à la même espérance humaniste.

 

Lionel Jospin,
préface à la brochure “Cahors Mundi”, juin 2000

 

 


LA SILHOUETTE DU "PETIT HOMME" SYMBOLE DES CITOYENS DU MONDE,
TRÔNANT SUR LE PARVIS DE LA MAIRIE DE CAHORS EN JUIN 1950

 

SOURCES ET PHOTOS ALEXANDRE MARCIEL ET MUNICIPALITÉ DE CAHORS


 

 

DOCUMENTS À TÉLÉCHARGER

PLAQUETTE RÉALISÉE EN 2000
pour le 50° anniversaire de Cahors-Mundi

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"Nos communes mondiales"
D
ossier sur Cahors-Mundi réalisé par
Laurent Bottigliengo
et Michel Lablanquie

dans "Collines & Vallées" n° 13 (août 2000)

"Quelle Mondialisation ?". Lire l'éditorial

Voir le fac-similé de C&V

Télécharger le fac-similé

PLAQUETTE RÉALISÉE EN 2010
pour le 60° anniversaire de Cahors-Mundi

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PLAQUETTE RÉALISÉE EN 2015
pour l'exposition
du Musée de L'Eau à Cahors

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Dépliant de présentation et d'inscription
du Centre d'enregistrement de Cahors

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AUTRES DOCUMENTS RADIOS ET PRESSE

 

« Histoire des mondialisations (3/4),
Cahors Mundi, une Ville-monde »

La Fabrique de l'Histoire, France-culture, le 5 avril 1017

Dans le cadre d’une semaine consacrée aux mondialisations, l'émission de France Culture "La Fabrique de l'Histoire" du mercredi 5 avril a été dédiée à l’expérience de Cahors Mundi de 1949 et 1950, et, par extension à la naissance de la citoyenneté mondiale.

 

 

Commentaires :

Cette émission a eu le mérite de transmettre aux générations actuelles la connaissance d'un événement et d'une épopée que nous, Citoyens du Monde, considérons comme majeurs. L'importance historique de ces faits est assez bien décrite, mais l'exactitude n'est pas le point fort de ce document désormais versé dans les dossiers de l'histoire. (Les intervenants étaient des sociologues et non des historiens).

Voici quelques exemples de ces inexactitudes :

  • Ce n’est pas le 25 novembre mais le 19 novembre 1948 que Davis et Sarrazac interrompent la séance de l’ONU ;
  • Le palais de Chaillot n’est pas, alors, « le siège » de l’ONU, mais le lieu où se tient la 3e Assemblée générale des Nations unies ;
  • Sarrazac n’a pas écrit dans Esprit « au début des années 1950 » mais, précisément, en novembre 1948 (« Le cas Garry Davis) et en février 1949 (« À propos de l’Assemblée des peuples ») ;
  • Sarrazac ne milite pas avec Davis « à partir de novembre » 1949 mais dès le mois de septembre de la même année ;
  • "Défense de l’Homme", qui apparaît en 1948, ne prend pas « la suite » de La Patrie humaine, disparue en... 1939 ;
  • ce n’est pas le 24 juillet mais le 30 juillet 1949 que la municipalité de Cahors adopte la Charte de mondialisation...

 

PUBLICATIONS RÉCENTES

 

  • « Ce qu'il reste des Citoyens du Monde »
    article d'Isabelle Mayault, Revue Le Crieur n°7, juin 2017

    Que s’est-il passé depuis les glorieuses années où Garry Davis faisait la une des journaux en renonçant à son passeport américain ? Que reste-t-il du réseau associatif et de ses 200 000 encartés de par le monde ? Enquête sur le mouvement des Citoyens du monde, son essoufflement progressif, mais aussi ses idées toujours pertinentes pour penser notre rapport aux frontières aujourd’hui.

  • « Mondialists, unite ! The forgotten story of a global pacifist movement »
    article d'Isabelle Mayault (en anglais), The Guardian, le 20 juillet 2017

    In postwar France, two men had a bold, even utopian idea : a peace-loving network of ‘world cities’. Is it time to give mondialism another chance ?

  • « D’une mondialisation oubliée, les postérités ambiguës de Cahors Mundi »
    article de Valérie Foucher-Dufoix et Stéphane Dufoix, Ethnologie Française n°163, PUF, 2016/3

    À la fin des années 1940, en France, une expérience politique singulière a été menée par un petit groupe de personnes se présentant comme des citoyens du monde. Ils se proposaient d’œuvrer pour la mise en place d’une représentation mondiale des peuples, préalable à l’instauration d’une paix mondiale durable. L’un des moyens utilisés était la « mondialisation » des territoires, par laquelle ces derniers pouvaient déclarer leur appartenance au monde. L’étude de la mondialisation de Cahors au cours de cette période invite à s’interroger sur le lexique mondialiste de cette expérience, sur l’oubli assez général dans lequel est tombé cette entreprise, ainsi que sur ses réminiscences implicites dans les projets plus contemporains de réorganisation de la gouvernance mondiale.